ségolène royal sur france 2

Pour la présidente PS de Poitou-Charentes, Nicolas Sarkozy "s'occupe plus de lui-même que de la France"
"Les Français en payent les conséquences", a ajouté Ségolène Royal qui commentait vendredi les propos du chef de l'Etat, tenus la veille sur France 2 et TF1.

Selon l'ex-candidate à la présidentielle, la situation est plus mauvaise "qu'il y a un an". On a donc eu "une année ratée", estime-t-elle.

A ses yeux, le chef de l'Etat "est pris au piège de ses propres mensonges de la campagne". "Il n'a répondu à aucune des préoccupations quotidiennes" des Français, notamment "les inquiétudes sur le pouvoir d'achat", estime-t-elle.

Ségolène Royal s'est dit "choquée" par la politique de suppressions de postes dans l'Education nationale. Selon elle, "une autre politique est possible, y compris dans le domaine du pouvoir d'achat". Pour ce faire, "il faut récupérer les 15 milliards du paquet fiscal".

Une mesure trouve grâce à ses yeux: la mise en place, annoncée jeudi par Nicolas Sarkozy, du revenu de solidarité active (RSA). "C'est une bonne réforme", juge-t-elle, mais "il faut distinguer entre l'annonce et la réalisation". Elle trouve "choquant" que pour financer le RSA, on puisse "reprendre à 4 millions de salariés modestes la prime pour l'emploi". Le financement du dispositif doit être assuré par les "cadeaux fiscaux" faits à certaines catégories sociales, estime-t-elle.

Interrogé pour savoir si elle serait candidate à la prochaine présidentielle de 2012, elle a répondu: "On verra le moment venu". Sur France Inter, vendredi matin, la dirigeante socialiste avait été nettement plus explicite: "C'est vrai que, pour préparer une alternance dans quatre ans, parce que ça passe vite, il faut s'y prendre tôt. (...) Pour cette échéance-là, ce n'est un secret pour personne que je me prépare, bien évidemment".

# Posté le lundi 28 avril 2008 10:59

suit de ségolène sur france inter

suit de ségolène sur france inter

NICOLAS DEMORAND

Bienvenue dans Interactive, l'invitée de France Inter ce matin est Ségolène ROYAL, la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes. « Une feuille de déroute », c'est ce que vous avez dit, il y a quelques minutes au micro de France Inter, Ségolène ROYAL. Là, où le Premier ministre attendait une feuille de route, il a eu une feuille de déroute. Vous avez dit que vous étiez plus inquiète après l'émission qu'avant. Approximation, improvisation, contrevérité, aberration, une autre politique est possible et c'est urgent. Gouverner c'est prévoir avez-vous dit et donner du sens. Nicolas SARKOZY a reconnu ses erreurs, mais c'est d'après vous, la communication. S'il y a erreur, il faudrait infléchir la politique gouvernementale, or aucune inflexion n'a été annoncée. Alors il y a beaucoup de choses dans ce que vous avez dit à 8H20, on va revenir sur deux ou trois détails importants avec Patrick COHEN et les auditeurs de France Inter, Patrick !

PATRICK COHEN

Oui, Ségolène ROYAL, contre l'image de sincérité, de franchise, de bonne volonté qu'a voulu donner Nicolas SARKOZY, vous dites, non seulement il s'est trompé, il reconnaît certes des erreurs, mais il ne veut pas en tirer les conséquences – mais vous dites en plus : Nicolas SARKOZY dit des mensonges, des contrevérités, Nicolas vient de le rappeler. Je voudrais que l'on prenne un exemple, que vous avez cité tout à l'heure, celui des retraites. Quelles sont les contrevérités que vous avez perçus dans le propos de Nicolas SARKOZY concernant le dossier des retraites ?

SEGOLENE ROYAL

Ecoutez, François CHEREQUE a réagi, d'ailleurs très rapidement sur cette question là, qu'a-t-il dit ? Il a dit que lorsque Nicolas SARKOZY avait maintenu l'idée que désormais pour accéder à taux plein à sa retraite il faudrait travailler plus longtemps, il dit une contrevérité, une approximation pourquoi ? Parce que, ce qu'il cache, c'est qu'avec une réforme comme celle-ci, c'est le niveau des retraites qui va baisser, dans la mesure où, des millions de salariés n'ont déjà pas la durée complète de cotisations qu'il faut aujourd'hui pour accéder à une retraite à taux plein. Donc cela veut dire deux choses, cela veut dire, que soit, il ne connaît pas ses dossiers, soit il ment par omission, parce qu'il sait qu'une réforme comme celle-ci va baisser le niveau des retraites. Or, il y a déjà une retraite sur deux qui est à peine supérieure au SMIC.

Précisément, vous pensez qu'il faut renoncer au passage aux 41 ans de cotisations prévu dans la loi de 2003 ?

On ne peut pas passer aux 41 ans de cotisations si on n'a pas résolu le problème du chômage des seniors, premièrement et deuxièmement si on n'a pas résolu la question de l'intégration à la prise en compte de cette durée de cotisation, de la pénibilité des métiers.

Nicolas SARKOZY dit qu'il s'attaque à ces problèmes de seniors...

Il le dit, mais il ne le fait pas, c'est ça le problème.

Contrevérité encore sur d'autres dossiers, on ne vous a pas entendu parler tout à l'heure de l'immigration, il y a eu une grande part de l'interview présidentielle hier soir consacrée à la situation des sans papiers, discours de fermeté, pas de régularisation globale et dénonciation de l'hypocrisie des patrons, qui, a t-il dit, feignent de découvrir que leurs salariés étaient sans papiers, qu'en avez-vous pensé ?

Ecoutez, je pense que ce qui nous a frappés, c'est qu'il est resté très longtemps sur ce sujet, je crois que ce n'est pas un hasard, c'est son terrain de chasse privilégié, si j'ose dire. Et il l'a fait, là aussi de façon inquiétante, qui, curieusement n'a pas été relevé par ses interlocuteurs journalistes. Il a confondu en permanence, l'accès à la régularisation et l'accès à la nationalité française. Alors de deux choses l'une, soit il ne maîtrise plus ses dossiers et en effet il perd la main, y compris sur la maîtrise des politiques, quand même qui sont cruciales pour notre pays – soit c'est volontaire, c'est-à-dire qu'il a fait un amalgame pour là aussi « rapter » un certain électorat et à ce moment là, c'est irresponsable.

NICOLAS DEMORAND

Il faut une régularisation collective sur cette affaire très précise de travailleurs sans papiers ?

Je ne le pense pas, je pense que toutes les régularisations collectives ne sont pas... ne relèvent pas d'une bonne politique qui maîtrise les choses. En revanche, il faut sortir de l'hypocrisie, puisque, il y a là beaucoup d'hypocrisie. Certains travailleurs sans papiers sont passés par l'ANPE pour accéder à l'emploi et donc faire, comme l'a fait hier Nicolas SARKOZY, qui je le dis au passage, est responsable de la politique de l'immigration depuis 2002. Donc, qui aurait pu là aussi constater que cette politique est un échec. Il faut sortir de l'hypocrisie, puisqu'un certain nombre d'employeurs ont le courage de dire : nous employons des travailleurs clandestins, mais nous sommes prêts à régulariser les choses. Ce que je pense, c'est qu'il faut mettre les offres d'emploi sur le marché du travail, pour qu'il y ait d'abord, en effet des travailleurs étrangers en situation régulière ou des Français qui aient accès en priorité aux postes qui se libèrent. Et ensuite, là, conformément à ce que dit la loi, là, où il y a des métiers sous tension et là où la France a besoin de travailleurs étrangers – il faut reconnaître leur dignité, parce qu'ils paient des impôts, ils paient des cotisations et en plus, il sont menacés dans leur sécurité et dans leur dignité et c'est cela qui n'est pas acceptable.

NICOLAS DEMORAND

Laurent nous appelle de l'Ain, bonjour Laurent, soyez le bienvenu sur France Inter.

LAURENT

Bonjour Ségolène ROYAL, bonjour Nicolas Demorand, j'avais une question à poser, concernant le pouvoir d'achat, justement. Si vous aviez été élue l'année dernière, quelle mesure auriez vous pris, la mesure phare que vous auriez pu prendre pour améliorer le pouvoir d'achat – et quel à votre avis en aurait été le résultat à cette période, un an après ?

NICOLAS DEMORAND

Ségolène ROYAL, vous répond Laurent.

J'aurais fait plusieurs choses. D'abord, puisqu'il y avait une marge de man½uvre de 15 milliards, que Nicolas SARKOZY, on l'a dit, je n'y reviens pas, à donner en cadeaux fiscaux aux plus riches. J'aurais utilisé cette marge de man½uvre pour baisser la TVA, premièrement. Deuxièmement pour doubler la prime pour l'emploi, ce qui aurait fait du pouvoir d'achat. Troisièmement j'aurais baissé les taxes sur l'essence, puisqu'il y a une partie de la consommation d'essence en taxes et que Nicolas SARKOZY a supprimé le système qui faisait que lorsque le prix du brut augmente, les impôts sur l'essence diminuent, et ça, je pense que j'aurais rétabli ce dispositif. Mais surtout, j'aurais mis en place une politique très volontariste de contrôle, non pas des prix, parce que vous savez que ce n'est pas possible, mais de contrôle des marges. C'est là où il y a un vrai problème, hier Nicolas SARKOZY nous a raconté pour la troisième fois l'histoire de la tranche de jambon, d'ailleurs en exagérant. Alors le président de la République, il n'est pas là pour raconter des histoires de tranche de jambon, mais pour résoudre le problème de la hausse des prix. Il nous a dit, la hausse du prix du jambon, c'est plus 40 %, comme sur tout, il exagère, ce n'est pas plus 40, c'est plus 20 % - ce sont les yaourts qui augmentent de 40 %, mais passons ! Mais la question c'est de savoir comment on répond à ce problème ?

NICOLAS DEMORAND

Il a dit, réforme des lois GALLAND et RAFFARIN.

Alors, pourquoi ne l'a-t-il pas fait ? En effet, je pense que si les prix alimentaires français sont de 15 % supérieurs aux autres prix de pays européens alimentaires, c'est parce qu'il y a un système de protection de la grande distribution. Il faudrait, premièrement, en effet supprimer cette loi RAFFARIN GALLAND.

NICOLAS DEMORAND

Donc, vous le rejoignez là-dessus ?

Oui, mais lui, il est au pouvoir, cela fait un an que je dis cela, qu'il faut en effet changer la loi dans ce domaine là.

PATRICK COHEN

La loi de modernisation économique sera présentée lundi en Conseil des ministres.

Alors, la loi de modernisation économique, là aussi il y avait une proposition dans cette loi que Nicolas SARKOZY a retirée et qui concernait les actions de groupes des consommateurs. Il l'a fait, sous la pression aussi des patrons de la grande distribution. S'il pense, comme il l'a dit hier que les consommateurs n'ont pas suffisamment de rapport de force par rapport à la question des prix – alors, il faut créer dans la loi de modernisation économique, la possibilité, comme c'est le cas dans d'autres pays, des actions de groupes des consommateurs. Parce qu'ils pourront avoir les moyens de se défendre et de mettre en cause des marges qui sont inadmissibles.

NICOLAS DEMORAND

Yves nous appelle des Côtes d'Armor, bonjour et bienvenue sur France Inter.

YVES

Oui, bonjour à tous, merci de me recevoir dans votre émission, je vous appelle de Trébeurden dans les Côtes d'Armor. Madame ROYAL, depuis l'élection de Nicolas SARKOZY, vous campez dans une dénonciation haineuse de la politique gouvernementale. Nous aimerions que vous vous engagiez dans une opposition constructive, que vous fassiez des propositions. Ainsi, quelles seraient les propositions que vous feriez pour réduire l'abyssal déficit budgétaire, sans toutefois évoquer à la manière d'un cabri qui sautille, le paquet fiscal ?

D'abord, je ne me sens pas du tout en situation de haine envers qui que ce soit. Ce n'est pas, ni mon tempérament, ni ma façon d'agir,

NICOLAS DEMORAND

Ni en situation de cabri, pour reprendre l'expression de Yves.

Ni en situation de cabri, mais ce n'est pas parce qu'on dit des choses justes, qu'il ne faut pas les répéter. Pour réduire le déficit, je crois qu'il faut une réforme de l'Etat, il faut diminuer le train de vie de l'Etat, mais pas de façon brutale, en faisant des coupes sombres, comme j'en ai donné un certain nombre d'exemples tout à l'heure – en sapant dans les services publics. Il faut réformer l'Etat en mettant en mouvement les territoires. Moi j'ai proposé une nouvelle étape de la décentralisation. Vous savez les pays qui ont économisé sur les dépenses publiques, sont des pays qui ont donné, justement, à chaque échelon de décision publique et politique leur responsabilité. Et aujourd'hui la France souffre d'une super position des échelons. Il y a la commune, les communautés de commune, les pays, les départements,

NICOLAS DEMORAND

Il faut en supprimer ?

Il faut donner à chacun ses responsabilités pour éviter qu'il y ait tous ces doublons. Et moi ce que j'ai proposé, c'est que l'on donne aux régions, en particulier par exemple, la responsabilité d'un certain nombre de dépenses sur les travaux concernant l'enseignement supérieur – puisque les universités françaises sont dans un état assez catastrophique. C'est un exemple parmi d'autres, on pourrait en prendre plein. Là, où l'Allemagne et l'Italie ont réussi et l'Espagne ont réussi à faire des économies et à rendre l'Etat et la puissance publique beaucoup plus efficace. C'est parce qu'elles ont à la fois, maintenu des solidarités nationales fortes pour garantir une égalité de développement sur l'ensemble du territoire. Et en même temps donner aux décideurs politiques qui sont à l'avant-garde et en première ligne et au contact des gens des responsabilités avec les ressources financières qui vont avec. Je suis convaincue que l'on peut économiser...

PATRICK COHEN

Cela permet d'économiser des dizaines de milliards d'euros ?

Ah oui, je suis convaincue qu'une bonne organisation territoriale avec des institutions qui fonctionnent bien, qui ont leurs responsabilités, qui doivent rendre des comptes et avec une démocratie participative qui permet aux citoyens aussi de mieux contrôler l'argent public, oui,

PATRICK COHEN

On peut faire des économies sans couper dans les crédits, comme vous dites ?

Bien sûr, il faut redéployer, il y a certaines des dépenses qu'il faut supprimer, moi je l'ai fait moi-même en arrivant à la tête de la région. J'ai supprimé, j'ai baissé considérablement le train de vie de la région sur un certain nombre de dépenses inutiles. J'ai supprimé les grosses voitures, les frais de réception, j'ai supprimé des subventions qui n'étaient pas utiles, des effets d'aubaine. Ecoutez, aujourd'hui il y a 64 milliards d'euros d'aides aux entreprises. On estime que la moitié de ces aides sont des effets d'aubaines, c'est-à-dire vont à des entreprises qui n'en ont pas besoin. Donc, voici un paquet budgétaire à redéployer sur les entreprises et notamment sur les PME. C'est sur ce qu'elles reposent, la dynamique de la croissance économique et de la croissance d'emploi.

NICOLAS DEMORAND

Une question sur le dossier chinois Ségolène ROYAL, est-ce que Bertrand DELANOE a eu raison de faire du Dalaï Lama et d'un dissident chinois, deux citoyens d'honneur de la Ville de Paris ?

Oui, bien sûr, vous savez, j'ai rencontré moi-même la s½ur du Dalaï Lama, que le Dalaï Lama n'était pas là quand je suis allée en Inde – donc c'est sa s½ur qui est venue me voir. Tout ce qui peut être fait en effet pour lutter contre la répression, les assassinats au Tibet doit être fait. Et je l'ai dit tout à l'heure, il est regrettable de voir que Nicolas SARKOZY, s'est couché devant la Chine et je pèse mes mots – alors qu'Angela MERKEL a déjà reçu le Dalaï Lama, a dit, qu'elle ne serait pas à la séance d'ouverture des Jeux Olympiques, Gordon BROWN est en passe de faire la même chose, or, c'est le drapeau français, comme cela a été souligné hier, qui est brûlé à Pékin. Donc moi je dis qu'avec les Chinois, c'est quand on est bien au clair sur ses valeurs, bien ferme et qu'on reste debout qu'on est respecté – et pas quand on s'allonge.

NICOLAS DEMORAND

Jean-Pierre RAFFARIN qui est en déplacement diplomatique en Chine a parlé d'une faute politique majeure dans cette affaire du citoyen d'honneur, Dalaï Lama par la Ville de Paris Ségolène ROYAL.

La faute politique, c'est là, d'aller à Pékin pourquoi, pour recoller quels morceaux ? Enfin c'est un spectacle je pense assez lamentable et en plus qui... On ne peut pas à la fois dire, comme le dit Nicolas SARKOZY hier, qu'il fallait qu'il consulte les autres pays européens, parce qu'au moment des Jeux olympiques, c'est la France qui serait présidente de l'Union et en même temps ne pas tenir compte de la façon dont agissent les autres chefs d'état en Europe, qui tous, condamnent l'attitude actuelle de la Chine.

PATRICK COHEN

Vous êtes toujours sur l'idée d'une menace, d'un boycottage complet des Jeux Olympiques, comme vous l'avez exprimé une fois, pas seulement de la cérémonie d'ouverture, des JO ?

Je suis convaincue que si l'ensemble des pays européens et la France avaient une responsabilité pour prendre une initiative dans cette direction, avaient menacé la Chine d'une non participation aux Jeux Olympiques, je suis convaincue que cela aurait été très efficace. Parce que les Chinois, qui sont un grand peuple et qui méritent le respect, respectent aussi ceux qui se font respecter. Et c'est un leurre de croire que parce qu'on est faible, parce qu'on est mou, parce qu'on est impuissant, qu'on va être respecté par les Chinois, c'est tout le contraire.

NICOLAS DEMORAND

Serge nous appelle de Toulon, bonjour Serge, bienvenue sur France Inter.

SERGE

Bonjour... Madame ROYAL, au-delà de votre discours de ce matin qui comporte nombre de remarques pertinentes, je voudrais savoir en quoi vous représentez une véritable opposition à Nicolas SARKOZY – dans la mesure où comme lui, vous avez dénié au peuple français le droit de s'exprimer sur le traité de Lisbonne, qui est une copie conforme du DCE – et dans la mesure où vous avez applaudi à la sortie du rapport ATTALI, qui comme le traité de Lisbonne est un manifeste ultra libéral.

D'abord, je n'ai pas applaudi à la sortie du rapport ATTALI, j'ai dit que toutes les propositions méritaient d'être regardées, la France a besoin de réformes. Et ce dont on manque cruellement aujourd'hui, précisément, ce sont des réformes justes, qui nous permettent d'être à la hauteur des défis que le monde pose aujourd'hui. Donc voilà, donc en quoi je suis une opposante ? Eh bien je suis une opposante, parce que justement je fais des propositions constructives par rapport à ce qui serait possible de faire. Et puis aussi... quel est le territoire ? Parce que je crois que c'est devenu très important la façon dont les régions, les départements est les villes peuvent à la fois contrecarrer ce qui se passe mal au niveau national – mais aussi prendre des initiatives. Vous voyez par exemple pour répondre à une question du pouvoir d'achat, je viens de créer le micro crédit dans la région que je préside, c'est une première et je crois que cela permet à beaucoup de familles de ne pas basculer dans l'endettement et le sur endettement.

NICOLAS DEMORAND

Une dernière question Ségolène ROYAL, vous avez été condamnée pour ne pas avoir versé de salaire à deux de vos anciennes collaboratrices, vous avez souvent parlé d'ordre juste, là c'est un désordre injuste, sanctionné par la justice

Non, je n'ai pas été condamnée, contrairement à ce que vous dites, parce que cette décision n'est pas définitive,

PATRICK COHEN

Elle a été prise en appel !

Oui, mais attendez, vu la façon dont elle est exploitée politique, je puis vous dire que cette décision n'est pas définitive,

PATRICK COHEN

Elle va être sortie en cassation ?

Je le pense oui. Moi, vous savez, j'ai toujours respecté mes salariés et ce que vous oubliez de dire, c'est que l'ensemble des autres salariés, des huit autres assistants parlementaires m'ont soutenue dans cette affaire. J'ai toujours veillé à une bonne utilisation des fonds publics. Les assistants parlementaires, il faut que les auditeurs le sachent sont payés sur fonds publics. Il se trouve qu'il y a une dissolution de l'Assemblée nationale, vous le savez, et donc des contrats se sont interrompus. Qu'il y a eu là, à ce moment là un vide juridique,

NICOLAS DEMORAND

Mais vous, vous dites, c'est une manipulation politique ?

Attendez, oui, c'est un guet-apens judiciaire, c'est que pendant dix ans...

NICOLAS DEMORAND

Qui est derrière, qui tire les fils ?

Vous avez vu qui a réagi, c'est Monsieur RAFFARIN que j'ai battu à la tête de la région, c'est l'UMP. Pendant dix ans ils m'ont pourchassée devant les tribunaux, ils ont refusé tout arrangement amiable, pendant dix ans, parce que leur objectif c'était précisément de voir une décision de justice tomber par rapport à un vide juridique qui existait. Mais cette décision n'est pas définitive, je vous le dis. En revanche, il y a eu des choses beaucoup plus graves qui se sont passées depuis. Si Monsieur RAFFARIN est intéressé par les fraudes et les procédures judiciaires, moi j'aimerais bien que Nicolas SARKOZY s'explique sur la façon qui lui a permis d'aller voter aux élections municipales, alors qu'il n'était pas inscrit sur les listes électorales avant le 31 décembre ? Vous savez, ça c'est un faux en écriture public très grave – il y a beaucoup de jeunes qui n'ont pas pu voter parce qu'ils ont oublié de s'inscrire,

NICOLAS DEMORAND

Monsieur RAFFARIN ou Monsieur SARKOZY ?

Monsieur SARKOZY, donc, il n'a pas démenti cette information donnée par la presse, par un de vos confrères et ça, puisqu'il s'intéresse aux procédures judiciaires, moi j'aimerais bien que le président de la République, qui doit donner l'exemple, du respect de la loi puisse s'expliquer une bonne foi pour toute sur cette affaire extrêmement grave.

NICOLAS DEMORAND

Merci Ségolène ROYAL, d'avoir été ce matin au micro de France Inter.


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# Posté le vendredi 25 avril 2008 09:13

Je le répète une autre politique est possible

Ségolène Royal réagit à l'intervention de Nicolas Sarkozy sur France Inter.


Nicolas Demorand

Il est 8 heures 20, l'invitée de France Inter est ce matin la socialiste Ségolène ROYAL, présidente de la région Poitou-Charentes, bonjour et bienvenue !

Ségolène Royal

Bonjour !

« 90 minutes pour convaincre », le président de la République s'est exprimé hier soir à la télévision, l'enjeu c'était notamment de remettre de la lisibilité dans l'action, avez-vous été convaincue Ségolène ROYAL ?

Ecoutez, je crois que les Français sont inquiets aujourd'hui, la question est de savoir s'ils sont rassurés après cette émission ? Force est de constater que non. On est même plus inquiet après l'émission qu'avant. On a le sentiment de ne pas avoir eu un président de la République hier, mais un candidat perpétuel. Alors il a dit à cinq reprises, j'ai ma part de responsabilité, on sent d'ailleurs un peu la formule de communication, en clair, cela veut dire ; je me suis trompé. Mais il s'est trompé sur quoi ? Il ne nous l'a pas dit et quelles conséquences il en tire pour rectifier sa politique ? On ne le sait pas. Il a fait aussi beaucoup d'approximation, d'improvisation, Bernard GUETTA vient d'ailleurs de le dire, en politique étrangère. Il a dit des contrevérités sur la question des retraites. Il nous a dit qu'il allait financer le RSA par la suppression de la prime pour l'emploi, c'est-à-dire 4 millions de salariés modestes vont voir leur pouvoir d'achat baisser. Il n'a pas répondu sur les préoccupations concrètes des français. C'est-à-dire, rien sur le pouvoir d'achat, il a dit des aberrations sur l'éducation, il a par exemple dit, 15 % des élèves sont fichus à l'issue de l'école primaire. Je crois qu'un président de la République ne peut pas s'exprimer de cette façon là. Il a donné une image de la France en situation d'échec, en particulier sur l'Education nationale. Il a osé dire que c'était l'échec global de l'Education nationale, ce n'est pas vrai ! Enfin je crois que le Premier ministre avait dit qu'il attendait de cette émission une feuille de route – compte tenu de tout ce que je viens de dire et il y aurait encore beaucoup de choses à souligner sur les approximations, les contrevérités. Le sentiment que parfois, il ne maîtrisait plus les choses, je crois que le Premier ministre a eu surtout une feuille de déroute.

Donc pour vous, Ségolène ROYAL, le bilan de cette première année de présidence SARKOZY c'est un échec sur toute la ligne à vous entendre ?

Oui, c'est un échec grave, d'ailleurs les Français le savent, nous le sentons, la France est tirée vers le bas. Mais ce que je voudrais dire aux Français qui nous écoutent, c'est qu'une autre politique est possible. Il est possible et urgent de faire autrement. Parce qu'autrement, si à l'issue de cette année, que d'ailleurs Nicolas SARKOZY, de façon assez malhonnête attribue à des chocs extérieurs, il a identifié quatre chocs, en particulier la hausse du coût de l'énergie.

On ne peut pas le nier !

On ne peut pas le nier, mais tous les pays sont confrontés à la hausse du coût de l'énergie. Or l'Allemagne par exemple est en excédent commercial, on pourrait prendre plein d'autres exemples dans lesquels les pays prennent à bras le corps leur talent, leur potentialité, la France en a beaucoup. Je reviens d'Inde et je puis vous dire que nous n'avons aucun complexe à faire par rapport aux centres de recherches indiens et qu'au contraire, la France devrait aider les petites et moyennes entreprises innovantes à nouer des partenariats avec les grands pays émergents, donc il y a du potentiel.

Il dit, faisons le bilan dans cinq ans, au terme de mon quinquennat, on ne peut pas réformer un pays, qui sur des dossiers importants n'a pas bougé depuis plus de trente ans en un an.

La France a besoin de réformes, mais où sont-elles aujourd'hui, qu'est-ce que c'est qu'une réforme ? Une réforme c'est prendre des décisions pour que cela aille mieux, pas pour que cela n'aille plus mal. Une réforme c'est faire des choses avec les gens et pas contre eux. Or c'est ce qui est aujourd'hui en train de se passer, c'est de la brutalité, c'est beaucoup d'arrogance, contrairement à ce qui a été dit. Moi j'ai vu un Nicolas SARKOZY parfois méprisant à l'égard des Français, je viens de le souligner sur l'éducation. Il a dit des monstruosités sur la laïcité, une fois de plus, en confirmant que les clercs et les prêtres donnaient du sens à la vie et pas les enseignants – mais dans une société ce sont tous les adultes qui donnent du sens à la vie aux plus jeunes. Il a dit aussi des choses aberrantes sur la Chine, il a osé dire, pour se justifier qu'il se couche devant la Chine, disons les choses très clairement, il a osé dire que la Chine aidait le Darfour. Mais comment est-ce que la France qui est au Conseil de sécurité, est-ce que ce n'est pas inquiétant qu'un président de la République et membre permanent du Conseil de Sécurité ignore à ce point que chaque fois qu'il y a eu des résolutions contre le Soudan, la Chine a voté contre. Et donc, même sur la politique étrangère il ne nous a pas rassurés, au contraire c'est extrêmement inquiétant.

Il y a quelques mois, Ségolène ROYAL, vous reconnaissiez à Nicolas SARKOZY l'énergie dont il faisait preuve pour occuper la fonction présidentielle. Plus rien ne trouve grâce à vos yeux, donc, après douze mois de gouvernement et de présidence ?

Mais je crois qu'il est en train de payer et la France avec et c'est ça qui est grave, c'est pour ça, je crois qu'il faut que, à la fois l'opposition et les Français continuent à faire pression sur le gouvernement pour que la politique change et qu'il y ait de vraies réformes. Il est en train de payer la masse des mensonges qu'il a proférés pendant la campagne présidentielle. J'ai là sous les yeux un certain nombre de promesses. Souvenez-vous, plus 25 % immédiatement de l'augmentation des retraites. Travailler plus pour gagner plus, je propose la propriété pour tous, la crise du logement n'a jamais été aussi grave qu'aujourd'hui. L'allocation adulte handicapée, plus 25 %, on attend toujours. Le remboursement des soins d'optiques,

Il vous dit, rendez-vous dans cinq ans !

Attendez, le remboursement des soins d'optique, il avait dit exactement : les remboursements pour lunettes et le prothèses dentaires, on ne peut pas dire que c'est du confort. Le 5 février 2007, il avait dit : « on ne peut pas se trimballer avec une dent qui manque et c'est pareil pour les lunettes, ce n'est pas une question de mode, c'est une question de nécessité et je vais porter les remboursements à 50 % » et là le gouvernement est en train de faire le contraire, c'est-à-dire de diminuer les remboursements. Donc je crois que la situation est grave et hier, finalement, on a eu quelqu'un qui était satisfait de lui. Il a même osé dire, que cela allait mieux pour les Français, mais autour de nous, on ne voit que des Français qui disent que cela va plus mal. Moi je vais vous dire, qu'est-ce que c'est que gouverner ? Gouverner d'abord, c'est prévoir, c'est donner du sens aux choses. Hier on n'a eu aucun sens donné à la politique globale. Gouverner, c'est ensuite dire la vérité, il y a eu beaucoup de contrevérités qui ont été dites hier. Et enfin gouverner, c'est rectifier son action lorsque l'on fait des erreurs. Il a reconnu ses erreurs, c'est un truc de communication, si ce n'était pas un truc de communication,

Mais pourquoi est-ce un truc de communication Ségolène ROYAL ?...Vous, vous ne reconnaissez jamais vos erreurs ?

Si, je reconnais des erreurs, mais j'en tire les conséquences, c'est à dire que je rectifie les choses, je réajuste ce que je dis ou ce que je fais. Donc ce qu'on attend quand on reconnaît des erreurs, ce n'est pas seulement une opération de communication pour que ce matin les gens puissent dire : ah, eh bien il a reconnu ses erreurs, il est plus modeste qu'avant. Non, c'est d'aller jusqu'au bout de cette logique et c'est de reconnaître effectivement que dans le fameux paquet fiscal, au lieu de le diminuer... Ecoutez, moi j'ai proposé que le paquet fiscal avec les 15 milliards, on double la prime pour l'emploi pour les 8 millions de salariés – lui, il vient de dire le contraire, on va supprimer la prime pour l'emploi pour 4 millions de salariés, c'est quand même très grave.

Pour financer le Revenu de solidarité active.

Il fait de la redistribution entre les précaires et entre les gens modestes, au lieu de reprendre aux plus riches pour donner aux plus pauvres, c'est ça que les gens attendent. Vous savez je l'ai entendu, il a défendu le bouclier fiscal, mais qu'est-ce que c'est que le bouclier fiscal ? Il y a même une personne qui a reçu un chèque de ristourne de 7 millions et demi d'euros, il y a eu 350 millions d'euros rendus à 15 000 contribuables, les plus riches. Donc, il faut arrêter ça, il faut cesser de redonner, cette année en 2008, 15 milliards au plus favorisés et encore en 2009, 15 milliards au plus favorisés. Parce qu'il faut que les Français comprennent bien que ces fameux cadeaux fiscaux, c'est tous les ans. Donc, il faut récupérer ces moyens là, pour les remettre là où c'est nécessaire, c'est-à-dire sur le pouvoir d'achat des salariés et sur l'innovation dans les entreprises. Je le répète une autre politique est possible !

Etes-vous candidate au poste de première secrétaire du Parti socialiste Ségolène ROYAL, c'est le ton qui est le vôtre ce matin ?

Vous savez, je pense qu'honnêtement, compte tenu des difficultés aujourd'hui que connaissent les Français et cela dans tout le pays, parce qu'il y a quelque chose de profond qui est en train de se déliter et en particulier la question des services publics. Vous savez, moi je préside une région d'1.600.000 habitants, qui est une région moyenne, donc représentative, donc, parlons concret quand même. Parce qu'il m'a semblé aussi que Nicolas SARKOZY était très éloigné des préoccupations..

Je vous pose concrètement la question, puisque, vous avez que l'intervention de hier soir et que la politique qui était menée impliquait de nouveaux devoir pour l'opposition, est-ce que vous êtes prête à assumer cette part là de responsabilité, que vous définissez vous-même pour l'opposition ?

Vous savez, le premier devoir de l'opposition, des élus d'opposition qui sont sur le territoire c'est d'essayer d'amortir les chocs d'une mauvaise politique, aujourd'hui et de quelque chose qui détruit des solidarités profondes. Vous savez dans la région que je préside, juste... cela va être très rapide ! Ecoutez-moi, il y a la suppression de neuf tribunaux d'instance et de deux tribunaux de commerce. Il y a la suppression de onze plateaux de chirurgie dans les hôpitaux, des villes petites et moyennes. Il y a quarante écoles qui vont fermer en milieu rural et écoutez-moi, il y a soixante quatorze suppressions de formation professionnelle pour les lycéens. Aujourd'hui les lycéens bloquent les lycées, pourquoi ? Parce qu'ils veulent travailler, il y a la suppression du Brevet d'enseignement professionnel, ce qui est grave pour les entreprises et ce qui est grave pour les jeunes. Eh bien moi, je dis qu'il est possible de faire autrement et la responsabilité de l'opposition aujourd'hui et même des français, vraiment, c'est d'exiger autre chose. C'est-à-dire qu'on cesse de casser ce qui fonctionne bien dans le pays, qu'on réforme l'Etat pour déployer les énergies qui sont sur le territoire et il y en a. Qu'on donne du potentiel aux Français qui veulent aller de l'avant et aux entreprises qui veulent aller de l'avant. Et je pense que comme ça, la France pourrait remonter la pente.

Dernière question, je vous la repose très rapide Ségolène ROYAL, votre responsabilité à vous, au sein de l'opposition, n'est-ce pas de dire aujourd'hui, oui je suis candidate à ce poste là, de première secrétaire pour faire marcher l'opposition comme j'estime qu'elle doit marcher aujourd'hui face à la politique de ce gouvernement et de ce président ?

Ecoutez, je pense qu'il ne faut pas réduire la politique à des candidatures, à des postes, parce que cela serait totalement décalé avec ce que la France connaît aujourd'hui. J'ai été candidate à l'élection présidentielle et donc je sais, pour avoir parlé aux Français, avoir convaincu 17 millions de Français qu'il y a une autre vision de la France, qu'il y a d'autres valeurs à mettre en mouvement – qu'il y a un potentiel formidable qui est aujourd'hui freiné et cassé par des réformes injustes et inefficaces. Et je le dis, le plus clairement, le plus fermement possible, parce que ma responsabilité c'est d'entretenir l'espérance aussi. C'est de dire aux Français que ce n'est pas possible de continuer comme ça pendant quatre ans. Et donc on va tout faire pour que de vraies réformes arrivent pour amortir les chocs sur les territoires que nous dirigeons, que nous gouvernons,

Ma question est simple Ségolène ROYAL, pourquoi vous ne voulez pas y répondre, oui ou non ?

Parce que je pense que ce n'est pas le moment et que c'est décalé par rapport au temps. Mais il ne vous a pas échappé, Nicolas DEMORAND, que j'assume mes responsabilités de leader politique, celles que j'ai eues et donc celles qui me donnent en effet des devoirs par rapport à ce qui se passe aujourd'hui. Et c'est vrai que pour préparer une alternance dans quatre ans, parce que cela passe vite, il faut s'y prendre tôt, parce que c'est un travail important. Parce que la France dans quatre ans, ne sera plus la même que celle qu'elle est aujourd'hui. Et pour cette échéance là, ce n'est un secret pour personne que je m'y prépare, bien évidemment.

Merci Ségolène ROYAL et à tout de suite, on vous retrouve dans Interactive.

# Posté le vendredi 25 avril 2008 09:11

Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy d'avoir raté sa première année

Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy d'avoir raté sa première année
Nicolas Sarkozy a "raté" la première année de son mandat, a estimé mardi Ségolène Royal à quelques jours du premier anniversaire de sa défaite à l'élection présidentielle.

"Plus de deux Français sur trois estiment que cette première année est une année ratée. Notre pays ne peut pas se permettre de rater une année de sa vie. La situation est très grave, et c'est de la faute de Nicolas Sarkozy", a également déclaré Ségolène Fabien lors d'un point presse dans ses bureaux parisiens.

M. Sarkozy "avait en main tout le potentiel pour réussir à faire avancer la France. Il avait promis un choc de croissance, une rupture, un recul de la précarité, et on a tout le contraire", a dénoncé Ségolène Royal

Le chef de l'Etat "a gâché cette première année à cause d'une conception du pouvoir ultra-centralisée, ultra-personnalisée, une forme d'exhibition permanente et très artificielle".

Nicolas Sarkozy a aussi "gâché les chances de la France" du fait de "premières décisions très injustes". "Le paquet fiscal, les cadeaux fiscaux aux riches ont mis les Français en colère", a dénoncé Ségolène Royal.

Interrogée sur ses attentes avant l'intervention télévisée jeudi soir de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal a dit "attendre qu'il reconnaisse ses erreurs" sur le paquet fiscal. "Il faut récupérer ces 15 milliards dépensés qui ne vont servir à rien, et avec cette somme doubler la Prime pour l'emploi (PPE), aider les PME à innover, baisser la TVA", a-t-elle expliqué.

La présidente de la région Poitou-Charentes a estimé que le bilan de la première année de présidence Sarkozy montrait que sa méthode de démocratie participative était adaptée. "Si les Français avaient été écoutés, consultés sur ce qui les attendait, ce ne sont pas les décisions que Nicolas Sarkozy a prises qui auraient été prises", a-t-elle jugé.

Ségolène Royal a présenté un rapport d'étape de la "consultation participative" lancée le 4 avril dernier pour préparer sa contribution au congrès du PS qui se tiendra du 7 au 9 novembre. Les militants socialistes ont déposé 735 contributions sur son site http://www.congresutileetserein.com

# Posté le jeudi 24 avril 2008 12:01

Modifié le vendredi 25 avril 2008 09:38

Compte rendu de mon déplacement en Inde

Compte rendu de mon déplacement en Inde
Chers amis

Pour des raisons d'emploi du temps, je n'ai pas pu vous faire part des entretiens que j'ai eus avec le Premier ministre indien, Manmohan Singh et Sonia Gandhi avant aujourd'hui. En voici la teneur :

Au début de notre entretien j'ai fait observer que les unes des journaux indiens étaient les mêmes que celles des journaux Français. La flambée des prix alimentaires et le problème des OGM, autant de questions qui se posent en Europe comme en Asie ou en Amérique !

J'ai souhaité aborder le cas d'Arcelor Mittal. J'ai expliqué le ressentiment justifié des salariés face à cette délocalisation. Manhmohan Singh m'a répondu sans détour que les entreprises devaient faire preuve de responsabilité à l'égard des territoires sur lesquels elles sont implantées.

Bien d'autres points ont également été évoqués :

L'Inde apprécie le soutien que lui apporte la France dans sa candidature à un siège permanent au Conseil de sécurité, dans l'élargissement du G8 aux pays émergents et dans la mise au point d'un statut particulier devant permettre à l'Inde de reprendre ses coopérations nucléaires civiles avec le reste du monde.

S'agissant des échanges économiques, la France exporte vers l'Inde deux fois moins que le Royaume-Uni ou l'Allemagne mais son commerce avec l'Inde est équilibré (2,5 milliards d'euros dans chaque sens) et les exportations françaises augmentent rapidement. L'objectif est de doubler les échanges d'ici 2012. J'ai indiqué que nous devions favorisons une politique d'investissement industriel français en Inde et indiens en France.

Plusieurs centaines de milliers d'étudiants indiens poursuivent leurs études supérieures à l'étranger et d'abord dans les pays d'expression anglaise. La France n'en reçoit que 1 500 alors qu'elle reçoit 17 000 Chinois. Une politique active visant la promotion des études supérieures en France a donc été engagée depuis plusieurs années, notamment avec le concours de certaines Régions et de Campus France. Cette politique doit être une priorité.

Les questions internationales globales ont fait l'objet d'un tour d'horizon complet :

1. Environnement et changement climatique

L'Inde est consciente de l'impasse écologique dans laquelle elle risque de se trouver par une pression démographique croissante sur une terre que le changement climatique affectera durement. Cependant, elle estime que les pays industrialisés doivent prendre leurs responsabilités les premiers et qu'elle ne saurait adopter des politiques qui freineraient sa croissance économique, clé de la baisse de la pauvreté. Il faut trouver des formules qui permettent de financer sans surcoût l'accès aux technologies propres.

2. Terrorisme

L'Inde est durement frappée par le terrorisme islamiste du fait de la question du Cachemire et de l'existence de cellules liées à Al Qaida dans certaines villes. Elle attache une importance capitale à la coopération internationale. Elle souhaite que les pays occidentaux restent vigilants à l'égard du Pakistan.

3. Multilatéralisme

L'Inde estime qu'elle n'occupe pas la place qui lui revient dans les instances multilatérales (Conseil de sécurité, FMI, Banque mondiale, G8). Elle apprécie la position de la France et avait apporté son soutien à la candidature de Dominique Strauss-Khan au FMI parce que celui-ci portait un message d'ouverture aux pays émergents.

Sur le plan régional, l'objectif de l'Inde est d'assurer la paix et la stabilité.

- Chine et Tibet

La Chine est le grand rival de l'Inde. Personne n'a oublié l'invasion de 1962. La Chine revendique encore une partie du territoire de l'Etat indien au Nord Est (l'Etat de Arunachal Pradesh). Néanmoins, les deux pays se sont entendus depuis plusieurs années sur une politique de normalisation progressive et la Chine est le premier partenaire commercial de l'Inde.

En ce qui concerne le Tibet, l'Inde accueille depuis 1959 le Dalaï Lama et quelques 150,000 réfugiés tibétains. Dans leur grande majorité, les Indiens considèrent le Dalaï Lama comme un grand leader religieux et une personnalité attachée à la non-violence, et ont de la sympathie pour les revendications tibétaines. Si l'Inde appelle la Chine au dialogue et au respect de l'identité culturelle tibétaine, elle prend soin de ne rien faire qui puisse être interprété par Pékin comme un appui aux séparatistes.

- Iran

L'Inde entretient des relations très anciennes et très proches avec l'Iran. Si elle approuve la politique internationale visant à prévenir l'accès de l'Iran à l'arme nucléaire, elle estime que les sanctions sont inefficaces et craint une offensive militaire qui serait une catastrophe humaine, politique et économique.

- Pakistan

Depuis plusieurs années, l'Inde et le Pakistan conduisent avec difficulté mais constance un processus de normalisation. Au lendemain de l'attentat qui a coûté la vie à Benazir Bhutto, l'Inde a suivi avec anxiété les élections et a vu, avec soulagement, l'arrivée au pouvoir de la nouvelle coalition. Elle est cependant sceptique sur la solidité de cette alliance et se demande dans quelle mesure les services secrets pakistanais, qu'elle accuse de soutenir les mouvements séparatistes au Cachemire et de laisser faire des opérations terroristes, accepteront une complète dévolution du pouvoir aux civils.

- Birmanie

L'Inde entretient avec ce pays une relation de bon voisinage et il est capital pour elle de la maintenir afin de contrôler autant que faire se peut la main-mise chinoise. Sensible à l'hétérogénéité ethnique de la Birmanie, l'Inde considère qu'un pouvoir fort est nécessaire à Rangoon pour contrôler les risques séparatistes. Dans ces conditions, si l'Inde appuie la politique de l'ONU en vue de la dévolution du pouvoir aux forces démocratiques et si elle a toujours été proche d'Aung San Suu Kyi, elle désapprouve toute tentative d'imposer des sanctions internationales à la junte. J'ai évidemment marqué mon désaccord avec cette position.

- Afrique

Enfin, ma visite a coïncidé avec la conclusion du 1er sommet Inde-Afrique qui a rassemblé à Delhi une dizaine de Chefs d'Etat et de gouvernement africains. Ce premier sommet est, pour l'Inde, l'occasion de resserrer ses liens avec un continent où la Chine est particulièrement agressive mais qui recèle des ressources naturelles particulièrement nécessaires à la croissance économique du pays. Le Premier ministre était manifestement très satisfait de ce sommet.

J'ai conclu ma rencontre avec le Premier ministre en relevant que l'Inde fait l'objet, en France, d'un intérêt croissant qui témoigne de la vitalité de nos liens.

Ségolène Royal
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# Posté le jeudi 24 avril 2008 11:54